Le Christkindel et Hans Trapp

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Avant le Père Noël, le Christkindel s’occupait de distribuer les cadeaux avec son acolyte Hans Trapp.

 PAR ANTONIN

La Réforme protestante explique l’origine de la tradition du Christkindel. Au XVIe siècle, la Réforme remplace Saint-Nicolas par le Christkindel, une jeune fille généreuse ressemblant à une fée et évoquant le don de Dieu aux Hommes.

Elle est vêtue de blanc et une couronne dorée faite de branches de sapin et de quatre bougies orne sa tête. Elle semble l’entité parfaite pour faire le bien autour d’elle : elle donne ainsi des friandises aux enfants sages.

Elle ne se sépare jamais de Hans Trapp, dont le rôle est d’effrayer les vilains enfants et de les emporter dans son sac la veille de Noël. L’Histoire a inspiré ce récit, puisque le maréchal Johann von Drodt faisait réellement peur au peuple de Wissembourg.

Ce conte dépasse même les frontières de l’Alsace, puisque dans beaucoup de civilisations, on retrouverait cette dichotomie (deux concepts contraires) entre le bien et le mal.

Les petits alsaciens le connaissent bien et le redoutent : Hans Trapp. Ce personnage légendaire assoiffé de sang et de chair humaine, pendant du célèbre Père Fouettard lorrain, parcourt les forêts et villages alsaciens, à la recherche des enfants qui n’ont pas été sages pendant l’année… Mais qui était vraiment Hans Trapp ? A-t-il seulement existé ? Retour sur les origines de ce croque-mitaine qui vient gâcher la période magique de Noël.

Table des matières

Hans von Trotha, un chevalier ex-communié

Célèbre pour ses mérites guerriers, le chevalier Hans von Trotha se vit attribuer le château de Berwartstein en 1480 par le Prince électeur, lequel l’avait confisqué à l’abbé de Wissembourg, son ancien propriétaire. Cette attribution, jugée irrégulière, provoqua la colère des moines locaux. En guise de représailles, Hans von Trotha inonda les terres de l’abbé en détournant le cours de la Wieslauter, provoquant ainsi une véritable catastrophe alimentaire et économique dans toute la région. L’abbé de Wissembourg trouva en la personne du pape Alexandre VI un soutien face à cet “étranger” aux intentions malveillantes : convoqué par le pape, le chevalier refusa de se déplacer et profita de sa réponse pour critiquer ouvertement le comportement du pape.

Cet acte lui valut d’être ex-communié, ce qui était la punition suprême à l’époque.

La légende de Hans Trapp, le croque-mitaine alsacien

Après sa mort, la légende d’un personnage sanguinaire, usant de violence et de terreur en Alsace, se répandit. Lors des veillées, on racontait qu’il avait pactisé avec le diable, dévorait des bergers et pillait voyageurs et paysans. On alla même jusqu’à le renommer : c’est ainsi que Hans von Trotha devint Hans Trapp, “trappen” faisant référence aux bruits de ses pas. Errant à travers les forêts et arpentant les villages, Hans Trapp terrifie depuis les ténèbres la population alsacienne. Décrit comme un homme imposant aux cheveux hirsutes et à la barbe épaisse, ce personnage diabolique emporte les enfants désobéissants pour les dévorer ou les perdre en forêt. Toujours selon la légende, seul le bon Saint-Nicolas serait capable de dominer Hans Trapp et l’empêcher de commettre des sévices.

C’est au marché de Noël de Wissembourg que vous aurez l’occasion de frissonner devant Hans Trapp, qui y défile chaque année aux côtés de Christkindel.

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Famille

Hans von Trotha naquit vers le milieu du xve siècle très probablement à Krosigk (aujourd’hui en Saxe-Anhalt). On ne connaît pas sa date de naissance exacte ; cependant, il était le frère cadet de l’évêque de Mersebourg, Tilo von Trotha, né en 1443.

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Buste du frère ainé de Hans Von Trotha, évêque de la Cathédrale Impériale en Allemagne de Mersebourg (Merseburg).

“Comme il n’y-a pas d’illustration de Hans Von Trotha, ni de tableau à son image, je me suis imaginé retirer le chapeau de son frère. A la place un gros bonnet et une grosse barbe??”

Laurent Boquet

Château de Berwartstein

Encore jeune, Trotha entra au service des princes électeurs et des comtes du Palatinat rhénan à Heidelberg et s’acquit de grands mérites. En 1480 le prince électeur Philippe le Juste le récompensa en lui donnant dans le Wasgau, au Sud du Palatinat, le château de Berwartstein « avec toutes ses dépendances » comme fief héréditaire. En quatre ans, le chevalier sut aménager Berwartstein en forteresse imprenable avec les moyens du temps.

Mort

Mort le 26 octobre 1503 au château de Berwartstein, deux ans après sa mort naturelle, celles-ci furent d’ailleurs levées à titre posthume. Le chevalier fut inhumé dans la chapelle Sainte-Anne qui dépendait de Niederschlettenbach, qui se trouve peu en amont du confluent de l’Erlenbach et de la Wieslauter.

Aujourd’hui

Les événements de cette querelle avec le cloître sont figurés dans la salle des chevaliers au château de Berwartstein. Aujourd’hui, la salle des chevaliers sert de restaurant, cependant on peut y accéder librement.

Krampus

Krampus est représenté comme une créature démoniaque qui accompagne Saint Nicolas, principalement en Europe centrale. Il agit souvent en relation avec ce dernier, saint Nicolas donnant des cadeaux aux enfants sages, alors que Krampus donne des avertissements et des punitions aux mauvais enfants.

Le Krampus est une créature mythique anthropomorphe et munie de cornes, fréquemment décrite comme « mi-chèvre, mi-démon » et présente dans un certain nombre de folklores européens : en Autriche, en Bavière, Croatie, République tchèque, Hongrie, Italie du Nord et Tyrol du Sud, en Slovaquie, Slovénie.

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